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Si on osait...

... avec Hippolyte & Joséphine

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003 | … un couple comme tout le monde

Hippolyte & Joséphine, le 26 juin 2026 Laisser un commentaire

Bonjour, c’est Hippolyte et Joséphine…

On vous avait laissés avec trois petits points de suspension après ‘Il était une fois…’, voici la suite tant attendue : bienvenue dans l’intimité … d’un couple comme tout le monde !

Au menu, une sexualité plan plan à fréquence irrégulière, des tabous au sein du couple et en dehors, un manque flagrant de communication, des bouderies, des absences d’orgasmes, des confidences plus ou moins subtiles et délicates, mais aussi de la tendresse, des câlins, et un couple qui va quand même plutôt bien !

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

…et Joséphine ! Bienvenue !

Bienvenue !

J’ai réussi à convaincre Hippolyte de faire un autre épisode, parce que « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », c’est bien joli, mais ce n’est pas très original, même si c’est vrai.

Bienvenue donc dans la suite de notre histoire, un épisode qu’on a intitulé « … un couple comme tout le monde« , qui fait suite à « Il était une fois…« , histoire que vous en sachiez un peu plus sur ce qui se passe quand la routine s’installe pour les héros de contes qui vivent heureux avec beaucoup d’enfants.

Alors, si vous avez suivi nos histoires, on a eu des expériences à la fois similaires — on avait tous les deux une forte propension à se faire des films dans tous les sens — mais aussi un petit peu différente, parce que Hippolyte avait rencontré une fille assez expérimentée, et moi j’avais un petit peu butiné, ce n’était pas très enrichissant. Voilà, c’était nous avant qu’on se rencontre et on s’est rencontrés.

Ouais, ça a mis quelques années à se mettre en place. Au final, notre couple reposait sur des tas d’autres choses que le sexe. En tout cas, le sexe était vraiment pas un des piliers de notre relation. Et on est devenus un petit peu « un couple comme tout le monde » — enfin, l’image qu’on se fait de « tout le monde », un peu cliché, qui choque pas dans la société, cohérent avec les éducations assez conservatrices, qu’on avait reçues sur tout ce qui avait trait à la sexualité, et avec tous nos antécédents et expériences vécues qui étaient relativement conventionnels. Notre vie sexuelle était assez plan-plan : quelques caresses, Papa dans Maman, puis dodo, peut-être une fois par semaine. En tout cas, ça n’avait rien à voir avec avec le genre de galipettes qu’on faisait avec Mademoiselle Quiosaitfairepleindetrucs quand j’avais 17 ans.

Ce que tu avais fait justement avec Mademoiselle Quiosaitfairepleindetrucs, tu voulais pas essayer avec moi ?

Oui et non. Oui parce que j’en avais quand même des assez bons souvenirs, mais non parce qu’elle était très expérimentée. Je ne pouvais pas partir du principe que t’étais comme elle et que tu serais aussi à l’aise.

Oui effectivement !

Et puis comme je racontais dans le dernier épisode, pour moi le sexe c’était pas forcément ce que je cherchais à tout prix, ni ce que je retenais dans une relation. Je pense qu’au final j’osais pas en parler de peur que tu me regardes de travers. Et du coup, on s’aventurait assz peu hors des sentiers battus. On ne savait pas trop faire ou on n’osait pas. Ou alors on n’osait pas, du coup on n’apprenait pas vraiment à faire. Par exemple, on ne faisait quasiment jamais de sexe oral. Ça devait arriver une fois par an.

Je ne sais pas, même l’idée de toucher ton sexe à toi avec mes mains, pendant très longtemps, je n’osais pas faire. Et je n’osais pas parce que je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas comment faire. J’avais peur que ce ne soit pas bien pour toi.

Tu avais peur de me faire mal ?

J’avais peur… de passer pour une dévergondée. Oui, peur de te faire mal aussi. Du coup, je n’étais pas à l’aise. Je ne voulais pas avouer mon incompétence, ni mon manque de connaissance et… Donc je ne faisais pas.

Et quand ça arrivait, on n’arrivait même pas à se dire que c’était bien et qu’on aimerait bien recommencer. Nos relations sexuelles étaient assez espacées — en moyenne j’ai dit une fois par semaine, mais peut-être 3-4 fois par mois. Des fois, il y avait plus de temps entre deux.

Ouais. C’était bien, mais ce n’était pas exceptionnel. Il y a quand même eu quelques soirées mémorables, des expériences un petit peu hors de l’ordinaire, en dehors des sentiers battus… avec des fourmis.

Il n’y avait même pas de sentier !

Il y en a eu une autre avec une soirée où on a bu pas mal de champagne, je crois. Mais bon, dans l’ensemble, c’était pas mal, mais sans plus. Et toi, tu voyais ça comment, nos relations sexuelles ?

Moi, le truc qui m’a surtout marqué, c’était pas les relations en elles-mêmes, c’était qu’on faisait pas souvent l’amour. Et la façon dont je le ressentais, c’est que je me sentais pas assez désiré. Parce que 99% du temps c’était moi l’initiateur, et le taux de succès était… peut-être de 50%. Je n’ai pas les chiffres, mais…

On n’a pas fait de stats.

Du coup, quand il n’y avait pas de réponse plusieurs fois de suite, je me disais, eh bien tant pis, je vais faire la grève.

Tu boudais…

Et là, pour le coup, ça devenait très espacé — surtout que moins on fait l’amour, moins on en a envie — jusqu’à ce que Joséphine craque au bout de quelques semaines. Et puis, moi, entre temps, je me débrouillais tout seul. Du coup, j’avais vraiment l’impression que ça ne plaisait pas suffisamment à Joséphine pour qu’elle initie aussi de son côté, pour qu’elle en ait vraiment envie, elle aussi. Je me suis posé, j’ai commencé à me poser des questions et j’ai réalisé que Joséphine n’avait pas vraiment d’orgasme.

C’était vrai.

J’avais pas de repère parce que j’avais assez peu d’expérience avec d’autres femmes. Il y avait juste eu Mademoiselle Quiosaitfairepleindetrucs qui n’était pas forcément expressive là-dessus, donc j’avais aucune idée de comment ça devrait être. Je n’avais pas vraiment de référence. Les rares fois où on en a parlé, Joséphine disait que ça allait, que c’était bien.

Oui… C’était bien.

Donc évidemment… Évidemment, je prenais un peu tout sur moi, je me disais que je faisais pas les choses correctement. C’est vrai qu’avec le boulot, les enfants, les autres projets, on était assez fatigués. Souvent Joséphine allait se coucher tôt, moi je bossais le soir sur d’autres choses. En fait j’attendais souvent qu’elle aille se coucher pour éventuellement initier quelque chose, mais elle s’endormait tout de suite.

Ah oui !

Ça allait un peu mieux en vacances, avec un peu moins de pression, des siestes la journée, un peu plus de temps. Mais j’en parlais pas vraiment avec Joséphine. Je me disais que c’était probablement normal, qu’il fallait faire avec. Et puis il y avait tellement d’autres trucs qu’on partageait, qui se passaient bien, que c’était pas un problème en fait. Il y avait en effet des longues soirées sans Joséphine — ou avec, mais elle était à côté, elle dormait — qui se finissaient de temps en temps en plaisir solitaire, parce que plusieurs semaines sans faire l’amour, j’avais du mal à tenir quand même. Et aussi parce que ça aide à s’endormir ! Quand je n’arrivais pas à dormir, je gambergeais tout seul avec Joséphine qui dormait à côté. Mais bon, le problème c’est que ça décuplait un peu mon excitation pour les jours suivants. Et Joséphine, c’était toujours pareil le lendemain.

Je m’endormais encore.

Puis c’était encore plus honteux, parce que si je lui avais dit… c’était l’admission que je n’étais pas satisfait, en plus ça lui aurait mis la pression et ça l’aurait culpabilisée. Donc ça n’aurait pas été très productif. Au final, il y a eu une réalisation que ça affectait notre couple, ça créait une sorte de frustration. Quand on se disputait, il n’y avait pas cette chose qui nous permettait de nous reconnecter physiquement. Quand je boudais, j’étais un peu plus irritable quand même.

Ah oui, je confirme.

Et Joséphine, elle ne comprenait pas forcément. Parce que forcément, je ne disais pas pourquoi. Et avec des copains, on n’a jamais vraiment initié de conversation. Même les copains très proches, c’est peut-être une question de tabou, d’orgueil. Je ne me voyais pas dire à un copain « Écoute, je crois que je n’arrive pas à faire jouir ma femme ». Ce n’était pas forcément le genre de truc qu’on a envie de partager. Et puis en plus, entre garçons, à part pour faire les malins ou fanfaronner, on parle assez rarement, sérieusement de sexe.

C’est marrant parce que moi je me souviens d’un enterrement de garçon, d’un de tes copains, où j’étais là. Alors ne me demande pas pourquoi, je ne sais pas, j’étais la seule fille.

Pour me ramener !

Oui, c’est sûr que j’ai fait ça, effectivement. Et les gars ont fini par oublier ma présence. C’est un peu mon côté pote, je pense, ou alors c’est l’alcool. Et moi, j’écoutais avec beaucoup d’intérêt les gars qui partageaient pas mal de conversations sexuelles. Ils parlaient de la partie du corps de leur copine qu’ils préféraient. Ils parlaient du type d’ébats qui leur faisait le plus de bien, comment ça se passait, avec quelques détails. C’était assez sympa. Il y avait un petit peu de fanfaronnade, mais c’était doux.

Je ne m’en rappelle pas du tout.

C’est pas grave, je m’en souviens pour toi.

Moi, j’étais complètement…

Complètement fait, oui.

Mais après, c’est un peu facile pour moi de dire que entre garçons, on n’arrive pas à en parler. Alors qu’au final, il faut quand même que je me regarde dans le miroir et c’est quand même moi qui n’ai pas eu le courage, qui n’ai jamais eu le courage vraiment d’essayer d’en parler. Et quand j’y repense, il y a eu deux, trois fois où il y a eu des questions ou des conversations en apparence légères qui, en fait, m’auraient encouragé à en parler un peu plus. Et puis, je ne l’ai pas fait. Donc…

T’as pas pris la perche ?

Ouais. Voilà. Bon et toi, Joséphine, c’était comment pour toi le sexe entre nous à ce moment-là ?

Bah c’était bien.

Voilà, fin de l’épisode, bravo ! C’est vrai que je n’avais pas d’orgasme.

J’avais du désir, ça oui. J’avais du plaisir aussi. J’aimais beaucoup le côté tendresse. En fait, faire l’amour avec Hippolyte, pour moi, ça n’a jamais été une corvée. Par contre, j’étais consciente que d’autres femmes prenaient beaucoup plus de plaisir que moi. Pas forcément avec toi, mais avec leurs mecs. J’avais lu des articles type journal féminin, — à ce moment-là, je n’avais pas encore trouvé des sources plus intéressantes — qui traitaient de femmes qui étaient axées soit sur le plaisir vaginal, soit sur le plaisir clitoridien. Il y avait des articles sur l’orgasme qui décrivaient quelque chose de vraiment spécial et c’était assez clair que je ne ressentais pas ça. Ils disaient qu’il fallait se détendre et surtout pas chercher l’orgasme à tout prix. Alors je m’étais détendue, je n’avais pas cherché l’orgasme, et bien il n’était pas venu.

Zaï zaï zaï zaï…

En fait, j’avais fini par me dire, « C’est pas grave, c’est pas un problème. » Je l’ai accepté, c’était comme ça, C’était pas grave : il valait mieux l’accepter que souffrir du fait de ne pas avoir d’orgasme. Et puis j’avais quand même du plaisir, donc il n’y avait pas de quoi s’en faire. Ça ne me posait plus de problème.

Oui, c’est un peu comme moi, je me disais « Voilà, c’est comme ça ». Et puis, il y a tellement de trucs qui fonctionnent bien.

Oui, c’est ça.

On ne va pas non plus essayer de chercher à régler un problème qui n’existe pas.

Ou qui est finalement peut-être juste un petit problème. C’est vrai que dans les câlins, moi j’avais justement le côté câlin, c’était bien, la tendresse. Le côté sexuel, ça venait avec, ça avait l’air de plaire à Hippolyte, moi ça me déplaisait pas.

Mais ça te suffisait pas, cette tendresse, pour demander, rechercher un peu plus, prendre l’initiative ?

Je pense que c’était surtout une question d’énergie, parce que je suis du matin, pas trop du soir.

Mais tu pouvais me réveiller, moi je peux être du matin et du soir !

Ah bon ? Ah non, toi le matin, t’es difficile à réveiller. En tout cas, quand il faut se réveiller. Ça dépend pourquoi, c’est vrai. Et moi, le soir, après une journée de travail, autant j’arrivais encore à me bouger les fesses pour ranger les jouets des petits ou alors faire la vaisselle. Mais autant, pour le plaisir, là, il n’y avait plus personne. Je m’accordais un petit de temps pour lire deux, trois articles et puis pfiout, je m’endormais dessus.

au moment où je venais de rejoindre.

Oui, si tu arrivais assez vite, parce que moi, à partir du moment où je me mets en position allongée, je n’ai pas de problème pour m’endormir. Et en fait, toi, tu n’étais pas couché, je voyais bien ça, mais… et puis tu avançais sur d’autres projets, tu faisais des trucs. Mais en fait, je n’avais rien contre des câlins, mais je n’avais pas du tout le courage de te proposer de me rejoindre et de me lancer dans une quelconque activité physique. C’était… La seule activité physique que j’avais envie de faire, c’était fermer les yeux.

Et la fenêtre entre le moment où elle s’allongeait et le moment où elle s’endormait, c’était très, très, très réduit. Il ne fallait pas que j’aie oublié de me brosser les dents.

C’est très court oui Ah non, ça c’est foutu.

Et je crois que j’avais un peu du mal à comprendre parce que moi, même après une journée éprouvante, même en étant crevé, en ayant fait toutes les corvées, s’occuper des enfants, etc. Si j’avais envie de faire l’amour, ça prenait le dessus. C’est un peu comme quand j’ai faim : je ne peux pas dormir quand j’ai faim. J’ai beau être super fatigué, j’ai faim, il faut que je mange.

Ouais, moi quand je suis fatiguée, Morphée, je ne lui résiste pas.

Mais on n’en parlait pas : même si j’avais pensé à Joséphine toute la journée, je ne lui disais pas en rentrant « Ce soir j’ai vraiment envie de toi… » Mais du coup on n’abordait pas le sujet et puis tous les soirs c’était un peu le même genre de scénario.

Moi non plus, j’osais absolument pas parler de sexe. Que ce soit pendant qu’on faisait l’amour ou alors à d’autres moments, c’était… Je me sentais pas prête à en parler. C’était comme un sujet honteux. Je savais pas quels mots utiliser. J’avais un peu peur de manquer de vocabulaire, mais c’est pas la seule chose qui m’arrêtait. Je pense que j’osais pas parler de quelque chose que je connaissais pas. J’étais absolument pas experte en sexe. Je maîtrisais pas ça. C’était tellement plus facile de juste rien dire. Et puis il y a aussi le fait que le sexe, c’était quand même tabou et vulgaire. C’était céder à des pulsions animales, c’était rechercher la jouissance pour la jouissance. Ce n’est pas très glorieux quand même. On n’est pas des animaux. Et c’est quelque chose dont on ne parle pas en public, pas forcément en privé en fait non plus. En tout cas, à ce moment-là, on n’en parlait pas. Parce que c’est intime, mais c’est aussi un peu honteux. Alors je sais que ça ne tient pas la route, mais moi j’en étais là.

Tu crois que c’est un peu une sorte de pression culturelle ?

Il y a de ça, mais je pense que je ne peux pas mettre tout sur le dos de la société.

Avec les sept péchés capitaux, tout ça ?

Ouais, pourtant, je n’ai pas de problème pour parler de gourmandise, du tout ! Mais oui, je pense qu’il y avait quelque chose dans nos éducations, mais ce n’est pas la seule raison qui faisait qu’on n’en parlait pas.

Je demande parce que moi c’était pareil. Ouais ?

Avec le temps, j’ai fini par comprendre que pour le sexe, comme pour beaucoup d’autres sujets, quand on se tait et quand on évite d’en parler, non seulement ça réduit la communication, mais ça contribue aussi à rendre le sujet tabou et à réduire la connaissance. Et ça ne s’applique pas qu’au sexe. Ça vaut aussi pour l’homosexualité, pour la santé mentale. Pourquoi rajouter la honte à une maladie qui fait déjà suffisamment souffrir par exemple quand on a des problèmes de santé mentale, alors que dans bien des cas, juste en parler, ça peut aider à se soigner, à aller vers des solutions. Et puis à partir du moment où on commence à parler, que ce soit entre nous, avec d’autres, avec des copains, et même que ça devienne normal que des articles de journaux traitent du sujet, on peut se dire « Ah mais je ne suis pas tout seul ! Il y a eux aussi qui ressentent ça, je ne suis pas juste bizarre ». Et on peut aussi obtenir des tas d’informations. Et pour moi, c’est important, les informations, parce que j’ai un petit peu un esprit scientifique et j’aime bien comprendre ce qui se passe. Ça me permet d’avoir des moments un peu eurêka et d’avancer, en fait.

Pour le coup, on est un peu pareils. On a un peu les mêmes points communs sur ce…

Non ??! On a les mêmes points communs ?!

Oui…

C’est fou !

Sur ce sujet-là… Quand il y a un problème, on aime bien comprendre — complètement — et ensuite trouver des solutions. Et moi je parlais d’en discuter avec mes copains, — ce qui n’était pas forcément couronné de succès — Et avec des copines, t’en avais jamais parlé ?

En fait, j’ai des souvenirs de discussions avec mes potes, parce que j’avais pas mal de copains mecs. Et j’aimais bien, en fait, quand eux ils racontaient leurs expériences sexuelles avec leurs copines. Ils y mettaient quelques détails, mais pas trop. En fait, il y avait un respect incroyable pour leurs copines. Il y avait des étoiles dans leurs yeux. C’était très, très loin d’être vulgaire. C’était vraiment chouette à entendre. J’espère que leurs copines entendaient ça aussi quelque part. J’aimais bien les écouter parler. Alors évidemment moi je disais rien parce que je n’avais rien à raconter… Et alors avec les copines… je pense qu’on parlait des fois de sentiments, mais pas de sexe, non.

C’est vrai, c’est fou. Comme je disais, dans mon groupe de copains, on ne parlait quasiment jamais de ça de façon sérieuse, intime. Et puis quand le sujet venait sur la table, c’était en comité un peu plus large, genre équipe de rugby. Avec un peu d’alcool, c’était toujours de la fanfaronnade, de la crânerie. Ça tombait assez facilement dans le vulgaire, voire parfois dégradant pour les filles.

Ils ont pas fait ça pendant l’enterrement de vie de garçon.

Ouais mais t’étais là.

Ah j’étais un pote, mais quand même…

Non t’étais là et puis c’était pas les…

C’était pas les pires ?

Je sélectionnais mes copains quand même. Et comme c’est pas trop mon genre de faire ça, moi je préférais ne pas trop m’en mêler. Même avec un peu d’alcool dans le sang, pour moi les femmes vous êtes toujours des princesses. J’ai un petit peu changé d’avis maintenant que j’ai des ados de sexe féminin mais…

C’est pas une princesse ta fille ?

Non c’est… oui enfin des fois oui mais…

Enfin pour en revenir sur le sujet de… Hippolyte et Joséphine, au niveau de notre vie sexuelle, c’était bien, sans plus. On n’en parlait pas, évidemment. Il n’y avait pas de conversations, que ce soit entre nous ou avec d’autres gens. Ça allait, le sexe, c’était pas la panacée. On dit ça avec du recul maintenant qu’on sait que ça peut être la panacée. Et puis, je l’acceptais, moi. C’était comme ça, ça allait.

Ouais, moi, ça me titillait un peu. J’aurais préféré avoir la panacée. Enfin, surtout, je voulais la panacée pour toi, en fait.

Oh, c’est gentil.

Donc du coup on a commencé à essayer, — même si c’était pas forcément un problème — on a commencé à essayer de s’informer un peu plus. Et plutôt que d’attendre que ça tombe tout cuit dans notre assiette, à être un petit peu plus proactif dans notre recherche du plaisir. Mais on en parlera au prochain épisode, parce qu’on va pas s’arrêter là…

Si on ose !

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Balisé avec :Intro, Premiers pas

002 | Il était une fois…

Hippolyte & Joséphine, le 20 juin 2026 Laisser un commentaire

Bonjour, c’est Hippolyte et Joséphine…

Avant de raconter les aventures les plus récentes, on vous confie d’où on vient. Notre passé d’amoureux transis qui n’arrivaient pas à concrétiser avec l’élu(e) de leur cœur, les expériences de jeunesses plus ou moins fructueuses de chacun, les premiers « amours » qui n’en étaient pas vraiment, la rencontre entre Hippolyte et Joséphine…

Ça finit bien, comme un conte de fées : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ! Mais s’il n’y avait que ça, ça serait trop facile… et bien trop court pour un podcast !

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte

et Joséphine !

Bienvenue dans cet épisode qu’on a intitulé, comme tout bon début d’histoire, « Il était une fois… » On va essayer de poser le décor en quelque sorte.

Comme on a plein plein de trucs à dire, faut pas traîner. Alors on y va. Il était une fois… Hippolyte. Tadam !

J’ai dû retravailler plein de fois mes notes et tailler dans le gras pour que ce soit pas trop long. On va voir si ça a marché. Moi j’étais — et je suis encore — quelqu’un d’un naturel assez introverti, assez peu à l’aise pour aller vers les autres. J’ai fait des progrès.

C’est vrai.

Quand j’étais ado j’avais un an d’avance, ça simplifiait pas les choses. Je me suis retrouvé en lycée technique, à faire des études techniques, puis en dehors de l’école, je faisais du rugby. Donc autant dire qu’au niveau filles, d’une part j’en voyais pas beaucoup, mais en plus quand j’en voyais une qui éveillait des émotions en moi, bah je savais pas trop quoi faire, je savais pas trop quoi dire, balbutier. Il y a eu une ou deux exceptions, dont une assez torride en fin de troisième, mais c’était ma première cuite, on m’a raconté après.

Oh c’est dommage, tu te souviens pas?

Je me souviens de 2-3 petits trucs, mais c’est tout. Mais en gros de mon point de vue, ma vie affective et sentimentale c’était un peu un échec. Même quand il y avait des énormes indices qu’éventuellement je plaisais à une fille, — et parfois c’était vraiment des énormes indices quand j’y repense — j’avais si peu confiance en moi que je ne m’imaginais pas vraiment que ce soit possible. J’étais persuadé que je comprenais mal, que je me faisais des idées. Et pour me faire des idées j’étais assez fort, je me faisais des films, j’inventais des histoires…

Ah tu fais toujours ça…

C’est vrai, mais on en parlera une autre fois, je crois. En général, c’était une fille à qui je plaisais vraiment pas. Et je m’imaginais des tas de micro-indices: elle s’est déplacée d’un pas vers moi, elle m’a adressé la parole, elle a posé son sac juste à côté du mien…

Ah ouais, c’est sexy ça !

Et ça me permettait de me lancer dans des scénarios complètement invraisemblables. Donc c’était agréable, je crois que je me complaisais un peu dans cette situation, il risquait pas de m’arriver grand-chose vu que je faisais pas grand-chose pour qu’il se passe quoi que ce soit. Et puis je voulais surtout pas prendre le risque de détruire mes scénarios en risquant un râteau. Bon au fil du temps je me suis quand même rendu compte qu’il y avait des filles qui m’aimaient bien, même en lycée technique quand elles avaient l’embarras du choix. Mais j’étais — et je crois que je suis toujours un petit peu — un énorme sentimental, romantique. Je rêvais d’un conte de fées, et surtout j’étais assez exigeant avec moi-même: il n’était pas question d’en profiter et de sortir avec une fille pour qui je n’éprouvais pas des sentiments à 200%, juste pour jouer. Et comme je ne plaisais apparemment pas à celle — au singulier — avec qui ça aurait été possible, je me persuadais que j’y arriverais jamais. Entre temps, vu que de mon point de vue ça ne marchait pas avec les filles, comme pas mal de garçons ados, sur le plan du sexe et du plaisir sexuel, je faisais mes découvertes tout seul. Avec mon imagination débordante, parfois aidé par des magazines qui circulaient dans le bus scolaire, ou des pages lingerie des catalogues de La Redoute.

Alors nous on n’avait pas de trucs comme ça pour les filles, c’est pas juste.

C’est vrai. C’est vrai, je me rappelle pas de pages des catalogues de La Redoute pour lingerie masculine.

Oh il devait y en avoir, mais ça ne nous faisait pas fantasmer.

Et du coup, ça m’arrivait de faire des dessins, des espèces de mini-BD

Ahh?

que je dois toujours avoir quelque part !

Faudra que tu me les montres.

En famille, on ne parlait jamais de sexe. Je crois que j’avais éludé une conversation avec mon papa sur la contraception, parce que de toutes façons on en avait déjà largement parlé dans les cours d’éducation sexuelle au collège. Le pauvre, il avait essayé. Maintenant, je suis papa, je compatis un petit peu.

Ça va, avec les nôtres, on arrive à en parler.

Ouais, c’est un peu plus facile. Et puis il y a eu cet été en colo, quand j’avais à peine 16 ans. Elle, elle allait sur ses 18 et on va dire que… on va dire qu’elle savait où elle voulait en venir. Et même si c’est moi qui ai fait le premier pas, je crois que j’étais bien content de me laisser faire pour les pas suivants. Et c’était assez confortable en fait, une fille qui prenait des initiatives à ce point. Et puis… Quelles initiatives!! On passait des week-ends en camping, et je me souviens de nuits à la belle étoile — on n’avait pas le droit d’être dans la même tente, les filles et les garçons, on avait trouvé la faille dans le règlement — et on n’avait pas beaucoup dormi. Moi j’étais en mode découverte complète, et elle a priori un peu moins. Elle savait à peu près ce qu’elle faisait. Un peu plus tard j’avais débarqué chez elle à l’improviste, le jour de son anniversaire je crois. et ben on n’avait pas beaucoup dormi non plus. Elle était assez expérimentée, c’est assez fou le nombre de trucs qu’elle connaissait à cet âge-là, tout ce qu’elle osait faire. J’ai appris plein de trucs — enfin, « appris », faut le dire vite parce que je crois que j’étais assez passif. Je pense que j’aurais pu essayer d’emmagasiner un petit peu plus de choses, ça aurait pu servir pour la suite. Mais au final on n’était pas compatibles sur pas mal d’autres trucs. Ça s’est finalement arrêté, à mon initiative, parce qu’après quelques mois c’était assez clair que question sentiments, j’avais mon seuil minimum de 200% et j’en étais assez loin. Et du coup, c’est reparti un peu comme avant, avec les mêmes films, les mêmes idéaux, les mêmes scénarios délirants, puis les mêmes résultats, c’est-à-dire que pas grand-chose se passait. Quand j’y repense, à quelques exceptions près, c’était le cas de pas mal de copains de mon entourage — on était à peu près dans le même environnement — au point que je ne comprenais pas vraiment pourquoi les gars avaient la réputation de vouloir sauter sur tout ce qui bouge. De mon point de vue, c’étaient plutôt les filles qui faisaient ça.

En tout cas celle-là !

En tout cas celles que je connaissais. Si j’en voyais un qui faisait ça, j’éprouvais pas vraiment d’envie d’être comme lui, ça ne m’intéressait pas.

Il y en avait un dans ton équipe de rugby qui était comme ça, c’était flagrant.

Oui. Et au final, j’étais un peu jaloux, parce que pour lui ça avait l’air super facile d’aborder les filles, d’être aussi confiant avec elles, les séduire, tout ça. Mais c’était pas au point d’avoir envie de faire la même chose. Et même après avoir eu un aperçu assez complet et agréable du plaisir que le sexe pouvait procurer avec Mademoiselle Quiosaitfairepleindetrucs, c’était pas du tout ce que je cherchais, c’est pas du tout ce qui prévalait. J’avais pas vraiment envie d’avoir des relations juste pour m’amuser. Je cherchais pas des aventures sexuelles, ça passait vraiment loin après chercher un truc romantique avec du sentiment à bloc. Et j’ai jamais vraiment lâché ça. J’ai jamais vraiment lâché cet idéal. Du coup avec cette approche j’ai eu assez peu d’occasions de faire un tour d’horizon avant de rencontrer Joséphine. Et je crois que j’ai à peu près fini. Ça va être son tour de raconter son histoire à elle. Allez, il était une fois Joséphine. Tadam! Ah ah! J’ai un tadam aussi!

Alors en fait on avait pas mal de choses en commun. Pendant très très longtemps, j’ai cru que je ne pouvais pas du tout plaire aux garçons, c’était juste pas possible. Par contre, il y avait certains garçons qui me plaisaient beaucoup. Moi aussi je me faisais mes films dans mon coin. Je développais des sentiments très romantiques pour des garçons — enfin un à la fois, un garçon par année scolaire en gros. Je suis capable d’avoir une imagination assez débordante, ça alimentait très très bien mes films. Je crois que ça frisait un petit peu l’obsession quand même, mes sentiments pour ces gars-là. Avec mes films, on aurait pu faire des romans à l’eau de rose, des chansons fleur bleue, ou des films très très cul-cul.

Voilà ce qu’on va faire après le podcast!

Non, non, parce que… pffff… Je t’assure, le scénario n’en valait pas la peine. C’était pas une très très grande qualité.

Oui, mais avec les miens, on peut les mettre ensemble.

Mouais. En plus, l’autre protagoniste, il ne jouait jamais le rôle que je lui attribuais, donc ça marchait pas. C’était toujours à sens unique, Je me faisais mes films et ça restait des films. Et puis même si c’était purement imaginaire il y avait quelque chose qui était assez réel, c’était mes émotions et mes sentiments. Ça pouvait être très très intense. À côté de ça, comme beaucoup de jeunes filles, je complexais sur mon physique parce que j’ai eu une puberté très tardive. Mon corps a fini par se développer après toutes les autres, mais quand il s’est développé, il ne s’est même pas développé de façon très plantureuse. Pas du tout, en fait. Il faut ajouter à ça que je n’avais jamais embrassé un garçon, alors que toutes mes copines étaient bien plus avancées. Donc, je me sentais vraiment, vraiment en retard. J’ai compris très tard que je pouvais plaire. Je crois que la toute première fois que j’ai accepté d’y croire un petit peu, c’est quand mon grand frère m’a dit que ses copains à lui me trouvaient mignonne. Alors ça c’était étonnant, je n’y croyais pas au début. De réflexion en réflexion de la part de mes copains et de mes copines, j’ai fini par y croire, pour de bon. Et vers mes 18 ans, j’ai fini par embrasser un premier garçon. On s’était croisés 2-3 fois avant, il y avait eu quelques échanges de regards, mais j’avais pas eu le temps de me lancer tout de suite dans des films. Et ce soir-là, ma copine m’avait prêté un dos nu qui avait fait pas mal d’effet.

T’as des photos?

Euh… je crois pas. C’était un bout de tissu, on l’a appelé « le bout de tissu ».

Parce que moi j’ai vu des photos de quand t’avais 18 ans. En effet, je comprends que tu plaisais aux garçons.

Bref, moi, j’étais prête pour une relation très romantique avec ce gars-là que j’avais enfin embrassé. Il y a eu de chouettes moments, mais comme les vacances commençaient, ça nous a un peu éloignés, et loin des yeux, loin du cœur. Donc, c’est tombé à l’eau. En tout cas, c’était le cas pour lui, parce que moi, j’étais toujours à fond. Je suis restée à fond un moment, toute seule dans mon coin. Et j’ai refait des films avec lui mais… lui, il ne voulait pas jouer dans mes films. Ceci dit, avec cette première expérience, j’ai usé de mon charme avec d’autres garçons pendant les quelques années qui ont suivi. C’était un peu plus facile pour moi de choper en soirée que de choper des copains. Et j’aimais bien cette sensation de désir qui monte, d’attraper des regards, des sourires, de séduire. Mais alors c’est étonnant, toutes ces histoires-là où je chopais en soirée, — enfin, « toutes », il n’y en a pas eu tant que ça — ça donnait pas grand-chose après la soirée… J’étais toujours à la recherche de l’élusive relation romantique partagée. Mais apparemment ma méthode, ça ne marchait pas pour ça.

Ah moi j’arrivais vraiment pas à faire ça.

Ouais, je l’ai fait 2-3 fois.

C’était pas concevable pour moi.

Mais ça marche pas… Enfin, pas pour une relation romantique à long terme. J’avais coché la case « j’ai embrassé un garçon », ça c’était bien. Il y a même eu des bisous qui étaient sympas, c’était cool. Par contre, la case « j’ai eu une amourette qui a duré plus que quelques jours », bah j’avais pas. Et alors la case « j’ai eu des relations sexuelles » non plus. Quand j’avais 20 ans, je me suis retrouvée dans un endroit qui portait assez bien sa réputation de baisodrome. Il faut imaginer un endroit

plein de jeunes filles, plein de jeunes hommes,

qui sont enfin sortis de chez papa et maman. Ils passent plusieurs mois dans cet environnement qui est légèrement déconnecté du reste du monde. Il y a quelques adultes autour qui tentent d’encadrer ce beau bordel, mais c’est tout de même un baisodrome.

Avec plus de garçons que de filles, non?

Mmm… Pas tant que ça. Peut-être un peu plus, ouais. Un peu plus de garçons que de filles. J’ai eu ce que j’ai appelé après coup ma « période de rattrapage », où j’ai coché quelques cases, en tout cas j’ai essayé. Donc j’ai eu trois histoires je crois là-bas. Dans ma première histoire, en fait je me suis laissée faire. J’étais très très passive. C’était un petit peu comme si j’observais la situation de l’extérieur. La première histoire c’était avec beaucoup de douceur et de gentillesse, mais j’étais pas vraiment là en fait. La deuxième histoire, je me suis aussi laissée mener complètement, mais cette fois il y avait moins de gentillesse. J’ai rapidement senti que j’avais été utilisée, qu’en fait ce gars-là m’avait séduite juste pour se glorifier auprès des autres. Il avait réussi. Et c’était… Sentir que j’étais juste une tête de plus au tableau de chasse, ce n’était pas très glorifiant pour moi. Et alors, il y a eu une troisième histoire avec un très beau gosse. Et là, pour le coup, moi, j’étais partie pour une relation amoureuse, une vraie. Mais un de mes potes m’a dit assez brutalement — je crois qu’il était un peu jaloux — il m’a fait réaliser assez brutalement que ce beau gosse, c’était un serial chopeur. Il chopait toutes les filles autour de lui. En tout cas, celles qui étaient assez bien. Les moments qu’on partageait, lui et moi, je croyais que c’était assez particulier pour nous. En fait, non, pas du tout. Il les partageait aussi avec les autres filles, parfois plusieurs filles à la fois. Donc, j’ai pas mal déchanté. Avec ces trois-là, j’ai pu cocher la case « j’ai enfin fait l’amour avec un garçon ». Ceci dit, non, je crois que j’aurais coché la case « j’ai eu des relations sexuelles », mais pas « j’ai fait l’amour ». Ce n’était pas du tout exceptionnel, parce qu’en fait, je me laissais faire, j’étais un peu une poupée qui s’allonge, qui attend, qui ne sait pas quoi faire. Et au niveau du ressenti, il n’y avait pas grand-chose. La case « j’ai eu une aventure un peu sérieuse »… elle était toujours toute blanche, elle… T’es là encore, toi? T’écoutes? Ou tu te bouches les oreilles? Qu’est-ce qu’il se passe?

Ah… Euh… Je n’aime toujours pas entendre ça, moi.

Pourquoi?

Même maintenant, même après tout ce temps, ça me fait me rendre compte que toi, t’as eu des tas d’aventures légères.

Des tas, des tas. T’exagères. C’était pas des tas.

Beaucoup plus que moi.

Oui, certes.

Alors que je me l’interdisais en quelque sorte. Je gardais mon idéal romantique de trouver la bonne et toi, tu l’avais un petit peu abandonné, au moins provisoirement.

Non, j’utilisais juste des mauvaises méthodes.

Et d’ailleurs, jusqu’à il n’y a pas longtemps, je ne voulais absolument rien savoir sur cette période, je ne voulais pas savoir combien de gars, combien de temps ça avait duré, ce que tu avais fait avec eux. Et c’était un peu bête parce que je m’imaginais des trucs complètement abracadabrants, complètement stupides. Donc maintenant je sais que c’est pas aussi pire que j’imaginais, ça va un peu mieux, mais bon, quand même, j’aime pas.

C’est vrai, oui, on n’en a pas beaucoup parlé, toi tu voulais pas trop qu’on en parle, et moi de mon côté ça m’a laissé vraiment un sentiment de vide, c’était pas satisfaisant. Donc j’avais pas non plus une envie folle de m’y replonger et de te raconter des détails. Mais pourquoi ça te mettait mal à l’aise de savoir que j’avais eu des aventures « légères » comme tu dis?

Je me suis un peu demandé si ça me faisait sentir que moi, de mon côté, j’avais raté quelque chose, un peu d’amertume de ne pas avoir vécu la même chose — que ce soit par manque de réussite, d’opportunité ou de volonté — pendant ce temps-là, pendant que toi tu y arrivais. Mais en fait, je pense que c’est pas ça. Parce que quand je croise une belle femme dans la rue, — c’était le cas à l’époque et c’est encore le cas maintenant — je me fais plutôt des films sur ce que je lui dirais si je prenais un verre avec elle, si on se parlait, plutôt que les positions dans lesquelles j’aimerais faire l’amour avec elle. Aligner des conquêtes pour juste coucher avec, c’était pas mon truc… C’est toujours pas mon truc. Je pense vraiment que j’aurais juste voulu que t’aies pas eu cette occasion de faire cette séance de rattrapage. C’est un peu bête quand même.

Ouais, parce que je faisais pas ça pour aligner des conquêtes.

Et c’est marrant parce qu’on en a parlé un jour avec un copain, et c’était exactement pareil pour lui, ça le rendait fou quand sa copine lui parlait de tous les mecs avec qui elle avait été, pendant que lui il réservait toute son énergie pour… « la bonne ». Et après moi je… ça me met un peu dans tous mes états maintenant, mais je pense que si je m’étais retrouvé dans une situation similaire, par exemple avec un ratio fille-garçon un peu plus favorable pour moi,

Oui. Pas 90-10.

Ouais. Je suis pas sûr que j’aurais pas succombé à la relative facilité de séduire à peu près qui j’avais envie. Et je pense pas que ça m’aurait fait renier mes idéaux. Et du coup j’ai aucune raison d’être…

Mal à l’aise.

Mal à l’aise avec ce qu’a vécu Joséphine. Mais bon, vas-y, continue ton histoire.

Donc oui, j’ai fait cette période de rattrapage qui était quand même un peu frustrante. J’ai eu quelques autres aventures, un peu moins rapides, un peu plus choisies. Bon, pas toujours bien choisies. En tout cas, l’idée, ce n’était pas juste de cocher des cases à ce moment-là. Dans le lot, il y a eu des histoires un petit peu drôles, des histoires improbables, il y a même eu du plaisir. Mais comme c’étaient toujours des histoires très très courtes, ce n’était pas forcément ce que je cherchais. Au niveau sexuel, je ne savais toujours pas quoi faire. J’étais un tout petit peu moins la poupée qui s’allonge et qui ne fait rien, mais je ne savais toujours pas comment faire, pas quoi faire. Je pense qu’on peut dire que j’étais coincée, je ne prenais aucune initiative. J’étais pas très à l’aise. Et puis en plus, vu que c’était que des histoires courtes, c’était pas vraiment propice à la mise en confiance, ni à la découverte. Forcément j’avais pas d’orgasme. Il y a eu quelques fois où j’ai pris du plaisir, et ce plaisir c’était surtout centré sur le contact, sur la tendresse, ce n’était pas particulièrement du plaisir sexuel. Il y a eu quand même 2-3 fois où ça a marché. Je me souviens en particulier, il y avait un gars, j’ai su après coup, par mes potes, que je l’avais dépucelé, et j’aurais jamais deviné parce que… pffffou! c’était bien. D’ailleurs j’aimerais bien savoir où est-ce qu’il avait pris des leçons avant son dépucelage, parce qu’il savait faire.

Qu’est-ce qu’il avait fait en particulier? Tu te souviens?

Non, je sais pas, mais on s’était bien amusés. On jouait en fait. Je sais pas, il m’avait mise à l’aise. Je pense qu’avec lui, c’était un des premiers avec qui j’ai pris deux, trois initiatives.

Et ça n’a pas duré avec lui?

Non, il était amoureux d’une autre. Je te dis, je ne choisissais pas forcément très très bien. Alors il y a eu un autre où, quand on faisait l’amour, il y a eu un moment, une fois, où j’ai cru sentir quelque chose de plus intense que d’habitude et je me suis dit « Wow! Qu’est-ce qui se passe? C’est trop bien! » Mais un peu avant, j’avais rigolé et il m’avait déjà un peu rabattu le caquet parce qu’il ne fallait pas déranger les voisins. Et là, il m’a encore mis une douche froide à ce moment-là et du coup, prfft, je n’ai plus ressenti grand-chose avec lui. Je me sentais plus à l’aise, j’étais plus libre de profiter. C’était pas cool. Ça n’a pas duré non plus avec lui. Donc bref, on en était là quand on s’est rencontrés pendant nos études avec Hippolyte. On était au début de la vingtaine tous les deux. On s’est mis ensemble. Et c’était très très intense d’un côté, un petit peu moins de l’autre.

Et vu ce qu’on vous a dit avant, on vous laisse deviner de quel côté c’était le plus intense.

C’était du côté d’Hippolyte, je pense que c’est assez clair. On a passé une première nuit ensemble qui était très très soft, c’était tout doux. On se câlinait et puis j’ai demandé si je pouvais rester dormir avec toi. Parce que — juste parce que j’étais bien là.

Et moi j’étais mort de trouille…

J’en ai un très très bon souvenir, c’était vraiment tout doux.

…de faire un faux pas!

J’ai bien vu que Hippolyte était très amoureux, je pense qu’il était à plus que 200%. Moi je me sentais mal à l’aise de ne pas ressentir la même chose. Je le voyais là-haut sur son petit nuage. Et chez moi, la fusée refusait de décoller. Je me sentais mal à l’aise parce que je ne voulais pas lui mentir. Du coup j’ai mis fin à cette première tentative. Ce n’était pas facile pour lui.

Le compteur de pourcentage avait explosé un petit peu, d’ailleurs j’en ai plus maintenant. C’était pas facile du tout. Pendant plusieurs années, j’arrivais pas à mettre de côté mes sentiments pour toi. Ça me pesait beaucoup, c’était vraiment pas drôle. J’ai pas mal de regrets sur cette période au final, parce que je me suis retrouvé à déprimer, à pas vraiment profiter de la vie, en m’accrochant à des idéaux qui clairement ne me faisaient pas du bien, alors que j’aurais pu m’amuser et rencontrer des gens. Et quand je repense à ces années, c’est pas joli joli à regarder dans le rétroviseur. Mais bon, c’est fait, tant pis, j’ai appris des trucs. Et puis, c’est pas complètement perdu. Parce que pour me changer les idées, j’ai fait plein de sport, j’ai fait plein de projets. Et puis bon, au final, tout est bien qui finit bien, on s’est remis ensemble.

Oui, on était restés en contact en fait, parce qu’on s’entendait très très bien. Finalement, après plusieurs années, je nous ai redonné une chance. J’étais pas vraiment sûre de moi parce que… je ne voulais vraiment pas te briser le cœur à nouveau. Mais je peux dire que c’était une bonne idée en fait.

Oui.

Du coup, on s’est installés ensemble, on a mis en route des projets qui étaient un petit peu fous, qui ont testé notre relation, qui l’ont renforcée d’ailleurs. On a fait des enfants, on est devenu un couple vraiment ordinaire, comme il y en a des millions.

Et voilà. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Une fin idéale. C’est bon, on a fini le podcast alors.

Ouais, on a commencé par « Il était une fois… ».

Au revoir, c’était sympa, c’était cool.

C’est tout? On a fait combien d’épisodes? Deux?

Bah un.

Oh non, allez, on raconte la suite?

Je sais pas… On n’a plus le temps de toutes façons.

Non, pas maintenant, mais on fait un prochain épisode?

Ouais…

Allez, à bientôt!

Ok, un épisode en plus alors…

Merci de nous avoir écoutés.

Si vous êtes restés jusqu’au bout, on imagine que ça vous a plu.

N’hésitez pas à laisser un avis sur votre app de podcast préférée

ou à nous faire part de vos questions ou commentaires sur sionosait.fr.

On a hâte de vous lire.

Et ça peut nous donner des idées pour les prochains épisodes.

Et si vous osiez, vous aussi?

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002 | Il était une fois...
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001 | Si on osait ?

Hippolyte & Joséphine, le 17 juin 2026 Laisser un commentaire

Bonjour, c’est Hippolyte et Joséphine…

Un tout premier épisode pour entrer dans l’intimité de ce couple aux prénoms désuets, aux habitudes tranquilles « comme tout le monde », qui un jour s’est lancé un défi : « si on osait ? »

Des promesses de désirs, d’aventures, d’histoires croustillantes, à la hauteur de ces prénoms historiques hauts en couleur.

Pourquoi ce podcast ? A quoi s’attendre ? Et si vous osiez écouter ce premier épisode pour y trouver des bribes de réponses ?

Et pour le plaisir, pour écouter « Osez Joséphine » d’Alain Bashung, c’est ici.

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Bonjour, c’est Hippolyte…

… et Joséphine. Bienvenue !

Bienvenue !

Voilà, c’est parti ! On y est ! C’est le tout premier épisode de notre podcast « Si on osait… » On a osé…

On est morts de trouille, mais on a osé !

On a osé prendre le micro et partager des réflexions qui nous ont pas mal travaillés ces derniers temps.

Oui parce qu’on s’est lancés dans des aventures récemment, des trucs qu’on n’aurait pas imaginés il y a cinq ou dix ans qu’on n’aurait peut-être même pas osé imaginer, que ce soit par manque d’information, d’ouverture d’esprit — ce qui va souvent de pair avec le manque d’information — peut-être parce qu’il nous manquait tout simplement du temps ou de l’énergie. Et vous l’aurez deviné, peut-être avec l’aide de la bande-annonce, ça concerne… le sexe !

On a l’impression — et on se trompe peut-être — mais on a l’impression que sur ce sujet, beaucoup de couples sont un peu comme nous à l’époque. Donc on s’est dit qu’on allait partager notre histoire et nos expériences, et ce qu’on y a appris.

Et ce qu’on y apprend encore d’ailleurs !

Oui, en se disant que ça permettra peut-être à ceux qui ressembleraient à notre couple d’il y a cinq ou dix ans, de découvrir un peu toutes les choses que nous on ignorait à ce moment-là, ou alors de s’informer sur des thèmes sur lesquels on avait à peu près une demi-tonne de préjugés.

Ce qu’on vous propose c’est de nous retrouver, enfin retrouver nos voix de temps en temps, pour quelques minutes de partage sur nos réflexions, les émotions qu’on a ressenties ou qu’on ressent, les fantasmes qu’on a eus, le plaisir qu’on a pris à découvrir certaines choses, les tabous qui ont sauté pendant ces réflexions ou ces discussions, et le tout en douceur, le plus honnêtement possible, sans jugement, et probablement avec une bonne dose d’auto-dérision, parce qu’il y a des moments rigolos quand même, On vous suggère d’écouter ce podcast à deux avec votre moitié, plutôt que chacun de votre côté, parce que c’est toujours plus rigolo de voir les réactions de l’autre en direct, à côté de vous, et ça peut susciter pas mal de discussions.

Oui, des discussions ou même autre chose, hein ! C’est une grande première pour nous, on est un petit peu nerveux de se lancer là-dedans et de partager publiquement des discussions qu’on a eues sur des sujets vraiment intimes, comme nos envies et nos parties de jambes en l’air.

Oui, nerveux, c’est un euphémisme. On va quand même essayer de se détendre [souffle] Allez, on souffle. [re-souffle]

Mais mine de rien, on s’est dit que ça valait la peine d’en parler. Parce qu’on a beau filer la parfaite harmonie dans pas mal de domaines, ce qui se passe sur le plan intime, ça peut quand même affecter assez fort la vie de couple, en tout cas la nôtre, en bien comme en moins bien.

Oui moi je vois surtout la différence quand on se dispute. C’est pas souvent, mais ça arrive. Mais quand on a toujours envie l’un de l’autre, ça finit toujours assez bien. On arrive assez facilement à se réconcilier. Alors que quand on est moins en phase sur ce plan-là, c’est pas mal plus compliqué d’arrêter de bouder quand même. Et qu’est-ce que je racontais, moi ?

Ah bah ça commence bien attends… Au bout de cinq minutes, tu commences déjà à perdre le fil.

Ouais, je suis désolé, je suis un peu nerveux.

Tu veux un massage ?

On va faire une pause, on revient.

[rires]

On a juste prévu de raconter et de partager nos expériences. On n’a pas du tout l’ambition de remplacer un sexologue ou une thérapie de couple ou des conseils professionnels ou médicaux. En fait, nous, on a même eu la chance de jamais en avoir besoin, mais on a lu suffisamment, on a appris suffisamment pour se rendre compte que dans certaines situations, ça peut être réellement bénéfique de s’adresser à des gens dont c’est le travail.

Oui, et il faut aussi préciser qu’on va s’adresser surtout à des couples qui sont déjà plutôt solides et plutôt en phase au niveau émotionnel. Si vos bases ne sont pas vraiment stables, s’il y a des problèmes non résolus, des choses qui sont encore sous le tapis, il y a certaines aventures dont on va parler qui risquent d’exacerber, d’amplifier les différends plutôt que de les résoudre.

Bon, alors qui sommes-nous, Hippolyte et Joséphine ? Je pense qu’on peut dire qu’on est un couple à peu près ordinaire. On a autour de la quarantaine, on a forcément la crise qui va avec. Ça fait une vingtaine d’années qu’on est ensemble, on a des enfants. On a fait des tas de projets. On en fait encore. Et ces projets-là nous ont pas mal rapprochés. On n’est pas mariés. On vit dans le péché.

Oulalah !

Mais bon, entre les risques qu’on a pris, les challenges qu’on a traversés et les enfants, on est très, très proches. On a une confiance l’un en l’autre très élevée. On a une vie bien remplie. Quoi encore ? On fait du sport. On fait de la course à pied, de la course d’orientation, du rugby, du tennis…

Parce que la coach elle est pas mal.

Ouais ! On sait qui fait du tennis maintenant. On fait ça pour être bien dans nos têtes et bien dans nos corps. Quand il nous reste du temps, on aime bien danser, chanter, faire de la musique.

Voire même, vu qu’on n’a encore pas assez de choses à faire, eh ben on a décidé de s’enregistrer pour faire profiter la terre entière de nos élucubrations sur des sujets un peu olé olé. Mais franchement, quelle idée on a eu de vouloir raconter notre intimité à qui veut bien l’entendre ?

Je pense qu’on a eu très envie de parler de notre intimité suite à certaines expériences assez récentes. On s’est rendus compte qu’on a parcouru un sacré bout de chemin en quelques années. Et puis, ça vaut la peine de le partager.

Oui surtout qu’on est partis d’assez loin, vous allez voir dans les épisodes suivants. Mais c’est aussi peut-être parce qu’on a retenu plein de mots, qu’on a retenu tous ces mots tout ce temps. Depuis, on a énormément partagé entre nous. Puis maintenant qu’on a ouvert les vannes, ça déborde. On a envie de… C’est pas comme si on avait vu la Vierge et qu’on voulait répandre la bonne parole mais presque!

Ah non on n’a pas vu la Vierge, non !

Et en fait,

Enfin je crois pas…

… on se demande pourquoi on n’en a pas parlé avant. Que ce soit, bien sûr, entre nous deux, ou même avec des amis, parce que c’est des sujets qui concernent tout le monde.

C’est vrai, on pourrait en parler juste avec nos copains. Ceci dit, il y a encore certains copains avec qui moi j’ose pas trop aborder le sujet. Je sais pas comment en parler. Quelque part c’est plus facile d’en parler avec des gens qu’on connaît pas.

Oui et en plus, si ça se trouve, ça peut aider d’autres gens qu’on ne connaît pas à oser. Vu qu’on a fait toutes ces réflexions, autant essayer de les diffuser dans des cercles un peu plus larges. En tout cas, nous on sait que si on avait entendu il y a quelques années ce qu’on a envie de raconter dans les prochains épisodes, ça nous aurait probablement un peu aidés, ça nous aurait aidés à briser la glace.

Oui, c’est vrai. Après, on a cherché des podcasts parce qu’on voulait se renseigner aussi, et on n’a pas trouvé exactement ce qu’on cherchait. On a trouvé des choses vraiment bien, des choses en anglais. Même en français, on en a trouvé quelques-uns, mais pas exactement ce qu’on cherchait. On a trouvé des… Des fois, c’était complètement à l’ouest, genre des élucubrations de chercheurs qui font des thèses en absolument n’importe quoi qui n’y connaissent rien dans la vraie vie. On a aussi trouvé des interviews, des émissions qui sont faites par des journalistes et certaines étaient bien faites, mais ce n’est jamais allé vraiment au niveau intime. Ça n’a pas vraiment creusé assez loin pour ce qu’on cherchait.

Ouais, c’était assez descriptif et assez factuel en fait, et… et ça nous laissait un peu sur notre faim sur le côté émotionnel. Et on en a trouvé certains qui existent, donc des couples ou des gens qui racontent vraiment leur histoire sans sans mise en scène exagérée, sans orchestration, que ce soit en anglais ou en français. Et c’était fait par des couples ou des gens un peu plus expérimentés.

Beaucoup plus expérimentés, je pense.

Qui étaient plus ou moins tombés dedans quand il étaient petits, qui partaient du milieu du jeu de l’oie au lieu de partir du départ, quoi !

C’est de la triche !

Enfin… On les a entendus et écoutés à un stade où on était réceptifs, mais si on avait écouté ou entendu ça avant qu’on n’ose avancer un petit peu, ben on aurait eu peur, en fait. Et ça… on aurait été au moins intimidés. C’était, c’est, c’était… Ça nous aurait paru cru. Et ça nous aurait peut-être refroidis, en fait. Plutôt qu’incités à aller un petit peu plus de l’avant. Donc on voudrait essayer d’être un peu plus accessibles pour un public qui était un petit peu comme nous il y a quelques années. Et on ose s’imaginer qu’il y a pas mal de monde qui était dans notre cas.

Oui. Après, on aime bien ne pas suivre les normes, ne pas rentrer dans les conventions et ça nous fait encore un petit projet hors des clous, ensemble. Il y a un petit côté interdit, briseur de tabou, c’est excitant. C’est cool. On prend des risques.

C’est rigolo.

Encore.

On est jeunes.

C’est ça. La crise de la quarantaine on avait dit, hein ?

On revient à l’adolescence. C’est aussi un petit peu… On s’est rendus compte en préparant tout ça, en y réfléchissant, que ça nous faisait un petit peu documenter ce qu’on avait vécu, ça nous faisait réaliser ce qu’on avait fait, et ça nous faisait creuser beaucoup plus sur ce qu’on avait ressenti et ce qu’on ressent maintenant. Donc c’était très intéressant. Du coup, ça nous fait un prétexte comme un autre pour discuter.

Et puis, en fait, on se marre bien quand on fait ça. On enregistre des épisodes, on en a enregistré quelques-uns pour essayer, pour voir comment ça se passerait. Et c’est drôle, en fait. On les a aussi diffusés à des bêta-testeurs qui ont a priori bien aimé. Donc, entre la préparation, la réalisation et les enregistrements, on se marre bien. On espère que vous aussi, vous allez y prendre plaisir.

Ouais l’édition c’est un peu moins rigolo… (à entendre nos voix tout le temps)

Oui, c’est vrai !

Mais au final on se marre bien quand même quand on réécoute nos ratés. Et la question s’est posée aussi de faire un blog écrit plutôt que de s’enregistrer. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles on n’a pas choisi cette voie, c’est que ça prend beaucoup de temps, c’est pas évident de mélanger nos deux styles à l’écrit. Donc déjà, quand on écrit un mail à deux qui fait cinq lignes on a pour une demi-heure à trouver la bonne tournure de phrase qui nous convient à tous les deux.

Oui c’est pas facile !

Donc imaginez sur un paragraphe de… sur trois pages. C’est un petit peu moins accessible aussi, parce que pour les lecteurs lire un truc de trois pages,

Faut s’accrocher …

C’est pas forcément sympa. Alors qu’un podcast, vous pouvez l’écouter quand vous êtes dans le bus, dans la voiture, c’est un peu plus facile à écouter. Et puis surtout, vous êtes un petit peu avec nous, vous êtes plongés dans l’intimité des voix de Joséphine et Hippolyte. Tiens d’ailleurs, on pourrait peut-être vous expliquer pourquoi on s’appelle comme ça.

Parce qu’on imagine bien que nos prénoms à l’état civil, ce n’est pas vraiment Joséphine ni Hippolyte.

Pourtant, Joséphine, ça te va vraiment bien, hein!

C’est gentil ! En fait, on aurait pu utiliser nos vrais prénoms, on y a pensé même un moment, en prétendant que ce sont des noms de scène, évidemment. Mais en fait, on aimerait bien garder un semblant d’anonymat. Après, ce n’est pas un drame si on se fait démasquer. Si ça arrive, on assumera. Il n’y a aucune honte à raconter ce qu’on raconte. Il y a assez peu de risques sur notre vie professionnelle, vu qu’on n’est pas instit’, ni politicien, ni docteur. On est encore moins des personnalités célèbres.

Pas encore…

Ouais, non. En plus, on habite à l’étranger, dans un pays où on ne parle pas français, donc le risque de rencontrer des auditeurs qui reconnaîtraient notre voix…

Ou notre accent…

Ou notre accent, oui ! C’est assez faible. Mais bon, quand même, autant se faire démasquer le plus tard possible.

Ce qu’on voudrait éviter surtout, c’est pour nos enfants, c’est que les copains tombent par hasard sur notre podcast, racontent nos secrets et se moquent à la récré. Mais bon, dans notre coin, les ados polyglottes qui écoutent un podcast français, ça court pas vraiment les rues. Et d’ailleurs, en parlant d’ados, s’il y en a qui nous écoutent, qu’ils soient polyglottes ou pas, on vous recommande de suivre le conseil qu’on a donné tout à l’heure dans l’intro, d’arrêter la lecture à la fin de cette phrase et de trouver des ressources un peu plus adaptées à votre âge. Vu que ce podcast, c’est vraiment pour vos parents, c’est pas pour vous.

C’est bon, tu crois qu’ils sont partis, les petits jeunes ?

Je sais pas, j’en vois encore un ou deux. Ah, c’est bon, ça y est !

Allez ouste ! Déguerpis ! Donc Joséphine, c’est pas mon prénom officiel. Joséphine, ça évoque pour nous d’abord la chanson « Osez Joséphine » d’Alain Bashung. On aime bien son tempo sensuel, ses paroles suggestives sur ce qui se passe à l’arrière des berlines, les chevaux du plaisir qui hennissent à la guitare électrique. Apparemment, Joséphine, c’était le prénom d’une des tantes d’Alain Bashung. Cette tante aurait eu des moeurs assez libres.

Oui, on aime beaucoup cette chanson et on aurait bien aimé l’utiliser en générique. Les ayants-droit étaient d’accord, mais la maison de disques nous a fait une offre… qu’on ne pouvait pas vraiment accepter. C’était très très cher et on n’a pas prévu que ce podcast nous rapporte grand-chose. Et comme « rien ne justifie », en ben on ne peut pas justifier. Du coup, on a généré notre propre musique avec une IA et on a bien rigolé. Le problème maintenant, c’est qu’on en a un peu trop. On ne sait pas laquelle choisir. Il n’y en a aucune qui fait l’unanimité parmi les bêta testeurs, ni entre nous.

Du coup on va se disputer encore un petit peu.

On va se disputer ou on va alterner.

Et se réconcilier !

On va peut-être avoir un épisode avec une musique, un autre épisode avec une autre musique.

On verra. Pour en revenir à Joséphine, il y en a une qui dansait aussi sur les musiques, c’est Joséphine Baker, qui chantait d’ailleurs, chantait, dansait… Elle était plutôt audacieuse, surtout dans les années 30. On la connaît pour ses danses nues, son déhanchement. Elle était aussi assez libre de mœurs. Elle avait de nombreux maris officiels. On se demande si ce n’était pas pour faire diversion, parce qu’elle avait aussi de nombreux amants et amantes. Bref, c’était un bon bout de femmes bien déterminée, pas trop conventionnelle, surtout pour cette époque-là.

Et évidemment, tout le monde sait que la première épouse de Napoléon Bonaparte s’appelait Joséphine.

Attends, je mets ma couronne.

Joséphine de Beauharnais Oh, t’es pas mal ! Non seulement elle était assez frivole et avait de nombreux amants, mais elle était réputée experte dans l’art de l’amour, suivant certaines sources.

Mais qui sont ces sources ?

Wikipédia.

[rires]

Ça nous amène, on va faire un petit cours d’histoire de France.

Depuis Wikipédia.

Depuis Wikipédia, oui. À un des amants de Joséphine, un des plus connus, un des plus durables. Et il s’agit d’Hippolyte Charles. Apparemment, c’était un jeune et beau lieutenant, puis capitaine des Hussards, il a été promu. Il était donc dans l’armée française. Et Joséphine a eu une relation avec lui très très rapidement après son mariage avec Napoléon. D’ailleurs, ça a même failli tourner au vinaigre quand Napoléon s’est rendu compte qu’ils étaient ensemble deux ans plus tard. A priori, ils se débrouillaient pas trop mal pour faire ça en douce en général.

Au final, ça a pas si bien tourné que ça pour Hippolyte et Joséphine parce qu’ils ont forcément pas pu finir ensemble. Mais bon, il paraît qu’Hippolyte était beau gosse et qu’il faisait des bonnes blagues, comme moi, donc ça colle bien.

Et puis finalement, Joséphine et Hippolyte, ça sonne mieux que n’importe quels autre prénoms passe-partout. Ou alors juste des initiales, je crois qu’on aurait eu du mal à parler avec des initiales.

Ouais, ça aurait pas été facile.

Bref, donc on s’est lancés dans l’idée de …

On peut avoir des surnoms : tu peux t’appeler Jo et moi Hippo.

Heu. Non.

[rires]

Donc on s’est lancés dans l’idée de raconter les aventures d’Hippolyne et de Joséphite.

D’Hippolyne et de Joséphite ???

[rires]

Donc on s’est lancés dans l’idée de raconter les aventures d’Hippolyte et de Joséphine, mais on s’est aussi dit que hippolyte-et-josephine.fr ou josephine-et-hippolyte.fr c’était beaucoup trop long et puis il fallait autre chose.

Donc on a fait toute une liste de titres potentiels. On a bien rigolé. Moi j’aime bien les jeux de mots. Il y a eu des propositions assez farfelues que je n’oserais pas répéter ici parce que j’ai un peu tout oublié. Puis en plus on a jeté le brouillon.

Mais bien sûr.

C’est vraiment triste… je suis désolé.

Au final on est revenus sur notre histoire à nous où tant de fois on n’a pas osé. On n’a pas osé parler. On n’a pas osé proposer. On n’a pas osé faire. On n’a pas osé… On vous dira. En particulier, il y a eu une soirée bien arrosée, où on s’est demandé : « Et si on osait ? » Ce soir-là, on n’a pas osé. Mais bon, c’est resté. Et puis depuis, on a osé.

Ouais ! Donc voilà, on avait des nouveaux prénoms, un titre évocateur qui claque, et qui passe bien sur un site internet. Et il ne restait plus qu’à geeker un peu pour trouver du matos d’enregistrement correct, mais pas trop cher, monter un site web, et finalement, le plus important, essayer de créer quelque chose qui tenait la route.

Oui, parce qu’à force d’écouter les podcasts des autres, on avait une petite idée de ce qu’on voulait faire et de ce qu’on ne voulait pas faire. Alors, on ne sait pas trop trop ce que ça va donner dans la durée. On verra bien. Pour l’instant, voilà ce qu’on vous propose :

Donc l’idée, ce n’est pas de raconter notre vie au jour le jour, de faire un truc de podcast-réalité, mais c’est vraiment de choisir un sujet particulier à chaque épisode et de faire part de nos expériences, de nos réflexions sur le sujet. Il y aura des morceaux de vécu dedans, disséminés un peu partout, des anecdotes croustillantes ou moins croustillantes.

On va essayer de se limiter à 20 minutes par épisode, peut-être un peu plus, peut-être un peu moins.

L’ordre ne sera pas forcément chronologique. Au début, peut-être un petit peu. mais on n’a pas vraiment d’ambition de faire une frise chronologique de notre évolution.

Et au niveau de la fréquence, on ne promet rien. On verra bien quand on sera inspirés, quand on a vraiment des choses à dire. On ne veut pas se forcer à faire des épisodes juste parce qu’on a dit « tous les mardis, on sortira un épisode ».

On va essayer d’être le plus honnête possible, raconter les hauts, les bas, les bons moments, ceux qui ont été plus difficiles à passer. On ne veut pas trop broder, on ne veut pas inventer une histoire, on ne veut pas juste raconter des choses juste parce que ça sonne bien. On veut vraiment raconter notre expérience à nous.

C’est vrai qu’il y a une tentation de se focaliser sur les bons moments, et il y en a plein ! On pourrait définitivement remplir un podcast avec juste des bons moments, mais on pense que c’est pas mal aussi de raconter aussi les moments un peu plus compliqués. Et il se peut qu’on parle d’autres gens. Dans tous les cas, on gardera leur anonymat. Peut-être même qu’on leur inventera des prénoms un peu désuets, pour eux aussi.

On va avoir un procès de tous les Hippolytes et Joséphines de France parce qu’on leur a dit que leur prénom était désuet. Voilà, donc tout ça sera peut-être amené à bouger, évoluer au fil du temps. Peut-être même que s’il y a des gens qui nous écoutent, ils auront des suggestions. On sait jamais…

Ça serait pas mal, qu’il y ait des gens qui nous écoutent. Bon, maintenant, vu qu’on a annoncé la couleur, si on osait entrer dans le vif du sujet et raconter… nos débuts, d’où on vient, comment tout a commencé ?

Ouais, mais comme on a dit qu’on faisait pas plus de 20 minutes et puis qu’on en approche, ça va être pour un autre épisode. Alors à très bientôt.

À bientôt.

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Hippolyte & Joséphine, le 13 juin 2026 Laisser un commentaire

Un couple, deux micros, des dialogues, des émotions, des questions sans réponses, des fantasmes, de la glace brisée, des tabous qui sautent, des ‘pourquoi on n’en a pas parlé plus tôt ??’ …

Si vous êtes un couple adulte plus ou moins ordinaire, il y a peut-être des choses dont vous n’avez jamais discuté entre vous, malgré toutes ces années. On est passés par là, et un jour on s’est demandé ‘si on osait ?’

Et si vous osiez, vous aussi ?

Transcription

[Hippolyte en noir, Joséphine en rouge]

Un couple,

deux micros,

des dialogues,

du partage,

du sexe…

Des aventures,

des nouvelles expériences,

des envies,

des fantasmes…

Des rencontres,

des émotions,

des questions sans réponses…

Des non-dits,

de la glace brisée,

des tabous qui sautent,

des… « Mais pourquoi on n’en a pas parlé plus tôt ? »

Si vous êtes un couple plus ou moins ordinaire, il y a peut-être des choses dont vous n’avez jamais discuté entre vous, malgré toutes ces années.

On est passé par là, et un jour on s’est demandé « Si on osait ? »

Si on osait parler de sexe, de tentations, de désirs ?

Si on osait… partager nos envies ?

Si on osait refaire le premier pas ?

On a osé, on ose toujours, et vu l’effet que ça nous fait,

on a envie d’en parler et de raconter nos expériences.

Retrouvez nos histoires, nos anecdotes et nos réflexions sur sionosait.fr à intervalles plus ou moins réguliers.

Et si vous osiez, vous aussi ?

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